Statut : Collection initiée à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière
L’objectif est d’étendre la collection au niveau régional puis national. Ce déploiement national n’est pas achevé.
Enjeux du projet
L’état de mal épileptique (EME) est l’une des principales urgences neurologiques, définie comme la persistance d’une crise d’épilepsie et concerne chaque année, en France, près de 20 000 enfants et adultes. En dépit d’une prise en charge thérapeutique adaptée, 25 % des EME sont réfractaires aux traitements antiépileptiques et nécessitent une prise en charge en réanimation et le recours à une sédation. Au sein des EME réfractaires, les états de mal réfractaire de novo (sans antécédent), regroupés sous le terme NORSE — dont le FIRES est un sous-groupe touchant des personnes de tout âge, enfants comme adultes, précédé d'une infection fébrile —, présentent une gravité accrue ; la littérature rapporte des estimations de mortalité de l'ordre de 10 à 40 % selon les séries. Ils apparaissent chez des enfants et adultes sans antécédent neurologique, sous la forme de crises d’épilepsie d’intensité et de durée croissantes, qui ne répondent pas aux traitements antiépileptiques, anesthésiques et immunomodulateurs. La persistance des crises expose les patients à un risque de souffrance neuronale étendue, dont des séquelles durables sont possibles, avec des trajectoires très variables selon les patients.
La gravité de ces pathologies nécessite la mise en place d’importants efforts afin d’identifier de nouvelles cibles thérapeutiques pour contrôler l’évolution des EME réfractaires et proposer des stratégies de protection du cerveau.
Nous souhaitons mettre en place une collection nationale de prélèvements biologiques (sang, liquide céphalo-rachidien, tissu cérébral post-mortem le cas échéant) et d’examens complémentaires (électroencéphalogramme, imageries cérébrales) chez des patients présentant un NORSE/FIRES afin de tester nos hypothèses physiopathologiques, d’identifier des biomarqueurs des NORSE/FIRES et d’envisager de nouvelles pistes thérapeutiques.
Phases du projet
Nous avons débuté, il y a plusieurs années, une collection de prélèvements chez des patients en EME au sein de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris). Ce programme de collection nommé COLETTE se déroule sous l’égide de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris. Nous souhaitons désormais étendre le recrutement à l’ensemble des réanimations et unités d’épilepsie prenant en charge des patients avec un NORSE/FIRES. Pour cela, nous allons déposer un amendement du protocole COLETTE auprès du Comité de Protection des Personnes.
Nous envisageons un déploiement en deux étapes : 1) au niveau régional, avec une collaboration avec les hôpitaux Bichat, Lariboisière, Necker et Saint-Antoine puis 2) une phase nationale avec l’intégration de tous les grands hôpitaux prenant en charge des états de mal.
Ce que collecte COLETTE
COLETTE recueille des échantillons biologiques en phase aiguë et en phase chronique de la maladie, chez des enfants comme chez des adultes, ainsi que des prélèvements réalisés chez des sujets contrôles, selon les protocoles applicables et dans le respect du cadre éthique et réglementaire en vigueur.
Un réseau international coordonné
Le NORSE Institute décrit une coordination entre la biobanque de la Pitié-Salpêtrière (COLETTE) et la biobanque de Yale, avec un protocole harmonisé et un partage des échantillons avec des chercheurs qualifiés. Les domaines étudiés à travers ce réseau incluent notamment les cytokines, la génétique, la métagénomique, le séquençage ARN unicellulaire et l'anatomopathologie.
- Source : NORSE Institute, « NORSE Biorepository », https://www.norseinstitute.org/norse-biorepository.
Contributeurs du projet
Ce projet reposera sur une collaboration étroite entre les services cliniques (réanimation, unités d’épilepsie), les départements de biochimie de l’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière où les différents biomarqueurs sont évalués et l’Institut du Cerveau (ICM) où nous testons, sur un modèle murin (un modèle d’expérimentation animale utilisant un rongeur) d’EME, nos hypothèses thérapeutiques.
Besoins logistiques et humains
Le déploiement de notre collection au niveau régional puis national nécessitera une logistique matérielle et humaine :
- Les échantillons de sang et de liquide céphalo-rachidien devront être centrifugés et congelés dans les 2 h suivant leur prélèvement. Par conséquent, nous devrons disposer dans chacun des centres participants au projet d’une centrifugeuse et d’un congélateur à -80 degrés. Du temps de technicien d’étude clinique (TEC) devra être financé pour chaque centre.
- Les échantillons devront être transportés, congelés, à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière où ils seront analysés.
- Les échantillons seront conservés, après analyse, au sein du Centre de Ressources Biologiques de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière dans des congélateurs placés sous alerte 24 h/24, pour une durée de 20 ans.
- Pour réaliser ce projet, nous aurons besoin de temps personnel pour coordonner les inclusions au niveau national, le transfert/stockage des échantillons et leurs analyses.
Budget
Budget du projet : il ne correspond pas nécessairement aux dépenses déjà versées par l’association.
Budget publié du projet de biobanque| Catégories de dépenses | Montants |
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| Amendement au protocole COLETTE, déploiement de la collection au niveau national | 15 000 € |
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| Développement d’une base de données nationale | 10 000 € |
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| Kits de prélèvements | 2 000 € |
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| Temps TEC dans les centres partenaires | 200 € / inclusion — 10 000 € / an |
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| Transport des échantillons congelés (un transfert par an et par centre) | 100 € / an |
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| Conservation des échantillons au centre de Ressources Biologiques de l’hôpital Pitié-Salpêtrière | 15 € / patient / an |
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| Temps personnel, Pitié-Salpêtrière ARC (Assistant Recherche Clinique) et TEC (Technicien d’étude clinique) | 20 000 € |
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| Total | 60 000 € |
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