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Association Paratonnerre
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Projet de recherche

Le microbiote intestinal : une nouvelle piste pour mieux comprendre et traiter le NORSE

Un projet de recherche soutenu par l’Association Paratonnerre, dont les premiers résultats expérimentaux ont été partagés en 2026.

Statut : Projet en cours — premiers résultats expérimentaux partagés en 2026

Les recherches scientifiques sur le lien entre cerveau et intestins n’en finissent plus de révéler des pistes prometteuses. Au croisement de la neurologie, de l’immunologie et de la microbiologie, un nouveau projet piloté par la Dr Teresa Ravizza, chercheuse au Laboratory of Epilepsy and Therapeutic Strategies à Milan, propose une approche inédite pour mieux comprendre et traiter le syndrome NORSE/FIRES.

Une nouvelle approche scientifique

Ce projet de recherche part d’un constat étonnant mais désormais bien documenté : le microbiote intestinal – cet ensemble de bactéries qui vivent dans notre tube digestif – communique en permanence avec notre cerveau. Et cette communication semble perturbée dans certaines formes graves d’épilepsie, comme le NORSE (New Onset Refractory Status Epilepticus).

Chez des souris présentant un état de mal épileptique mimant le NORSE, l’équipe de Teresa Ravizza a observé une dysbiose intestinale, c’est-à-dire un déséquilibre du microbiote. En particulier, les chercheurs ont relevé une baisse des bactéries capables de produire des acides gras à chaîne courte (AGCC) – principalement le butyrate, le propionate et l’acétate.

Ces AGCC ont des propriétés particulièrement intéressantes :

  • réduction de l’inflammation,
  • protection de la barrière hémato-encéphalique (qui empêche les toxines de pénétrer dans le cerveau),
  • régulation du système immunitaire.

Objectif : rompre le cercle vicieux entre inflammation et crises

Le projet va plus loin en testant une intervention thérapeutique expérimentale : administrer des AGCC (sous forme de butyrate de sodium) 8 heures après le début d’un état de mal épileptique chez la souris. L’idée est de voir si cette intervention peut :

  • réduire la fréquence et l’intensité des crises,
  • prévenir les récidives,
  • limiter les séquelles cognitives et neuronales à long terme.

En parallèle, l’étude analysera si cette approche permet de stabiliser la barrière hémato-encéphalique et de corriger la dysbiose, afin d’enrayer l’inflammation cérébrale.

Une alternative aux approches existantes

Contrairement au régime cétogène, souvent utilisé dans certaines épilepsies résistantes, cette approche n’agit pas sur la production de GABA (un neurotransmetteur), mais cible un autre levier : l’axe intestin-cerveau via l'inflammation. C’est donc une voie complémentaire, avec un potentiel thérapeutique encore peu exploré.

Des perspectives concrètes pour les patients

Si les résultats sont positifs sur le modèle animal, ils pourraient à terme ouvrir la voie à des traitements innovants pour les patients NORSE/FIRES, mais aussi pour d’autres formes d’épilepsie chronique, où l’inflammation et la dysbiose jouent un rôle.

Premiers résultats expérimentaux

Lors d’un entretien accordé le 10 avril 2026, la Pr Teresa Ravizza a partagé les premiers résultats expérimentaux du projet. Chez la souris, l’équipe rapporte une amélioration de la sévérité des crises, de leur nombre et de leur organisation, ainsi que des troubles cognitifs et de certaines altérations observées au niveau du cerveau et de l’intestin.

Ces résultats sont précliniques : ils ont été obtenus sur un modèle animal et ne constituent pas un traitement validé chez l’humain.

Le saviez-vous ? Une barrière hémato-encéphalique perméable, souvent liée à l’inflammation, peut favoriser l’entrée de molécules pro-inflammatoires dans le cerveau... et aggraver les crises. Les AGCC pourraient jouer un rôle-clé dans sa stabilisation.

Lire l’entretien avec la Pr Teresa Ravizza